Le 31 mai dernier, la fin de l’hebdomadaire économique Cash était annoncée aux collaborateurs et au public. La divulgation de ce secret, jusqu’alors savamment gardé, a pris tout le monde de court : la dernière édition de Cash publiée fin juin et le fichier client vendu à l’éditeur allemand Springer, il ne restait aux collaborateurs… qu’à reprendre leur souffle et prendre acte.
Méthode Coué
A la lecture du communiqué de presse de Ringier, on apprend que les collaborateurs concernés seront majoritairement replacés au sein du Groupe Cash (cash.ch, cash mobile et le gratuit Cash Daily) et que l’éditeur mise tout sur le développement des produits en ligne. Malheureusement, la pensée positive seule n’a encore jamais permis de sauver des places de travail. A l’heure actuelle, seule une dizaine d’employés ont reçu une offre de travail interne.
Tartuferie
De par la loi, les entreprises qui procèdent à un licenciement collectif sont tenues de consulter les travailleurs afin de leur donner l’occasion de formuler des propositions qui soient à même d’éviter les congés ou d’en limiter le nombre. L’enfer est pavé de bonnes intentions et cette disposition légale y aura largement mérité sa place ! Respectant le délai d’une semaine imposé par la direction de Ringier, la commission du personnel, soutenue par les éminences grises de Cash, a présenté son plan de sauvetage. La direction générale n’a eu besoin pour sa part, que d’un week-end pour analyser ces propositions et les rejeter. Il n’est pas inutile de rappeler que la peau de l’ours avait été, si ce n’est formellement vendue, du moins clairement promise au groupe Springer (Handelszeitung, Jean Frey). En effet, comment sauver un hebdomadaire qui n’a plus d’abonnés ? Ne restait donc qu’à achever la bête et signer l’acte de vente.
Solidarité exemplaire
A la rédaction, les sentiments naviguaient entre tristesse et dépit. En septembre prochain, l’hebdomadaire aurait dû fêter ses 18 ans d’existence. L’an dernier, le tirage avait substantiellement augmenté, le personnel, réduit au strict minimum, avait consenti à tous les sacrifices pour assurer la qualité du journal, quitte à renoncer aux vacances et à cumuler les heures supplémentaires. C’est sans doute cette identification si forte avec le métier qui a rendu cette rédaction si solidaire. Leur première pensée à été pour les collègues travaillant comme journalistes libres, allaient-ils bénéficier d’un plan social ? Et les collègues plus âgés, les collaborateurs de la production, le collègue atteint dans sa santé ?
Ringier fidèle à sa bonne réputation
Ne faisant pas défaut à sa réputation d’entreprise respectueuse de son personnel, Ringier est entrée en matière sur la négociation d’un plan social. Le personnel de feu l’hebdomadaire Cash qui ne sera pas replacé auprès d’un autre titre de Ringier pourra donc bénéficier d’un plan social de bonne qualité. Cela vaut également pour les journalistes libres « réguliers », selon la définition du GAV (CCT) 2000. Les représentants de la commission du personnel, comme ceux des associations professionnelles, ont bénéficié d’un soutien sans failles de la part de la rédaction. C’est à l’unanimité que le personnel nous a attribué le mandat de mener les négociations en vue d’un plan social et c’est encore à l’unanimité que ce plan social a été adopté.
Perspectives et remerciements
Jusqu’à l’annonce, la semaine dernière, de la fermeture d’un autre hebdomadaire alémanique, FACTS, la situation sur le marché du travail pouvait être qualifiée de favorable, depuis lors, la donne a changé, la concurrence pour les places vacantes sera sévère entre journalistes. Mais nous sommes persuadés que la solidarité et l’esprit de corps de cette rédaction si particulière sauront soutenir les collègues en recherche d’emploi. Nous tenons ici à remercier tous ceux qui ont, par leurs interventions, par leur présence, par leur engagement, contribué à rendre cette mort annoncée moins douloureuse.
Wanda Suter
Méthode Coué
A la lecture du communiqué de presse de Ringier, on apprend que les collaborateurs concernés seront majoritairement replacés au sein du Groupe Cash (cash.ch, cash mobile et le gratuit Cash Daily) et que l’éditeur mise tout sur le développement des produits en ligne. Malheureusement, la pensée positive seule n’a encore jamais permis de sauver des places de travail. A l’heure actuelle, seule une dizaine d’employés ont reçu une offre de travail interne.
Tartuferie
De par la loi, les entreprises qui procèdent à un licenciement collectif sont tenues de consulter les travailleurs afin de leur donner l’occasion de formuler des propositions qui soient à même d’éviter les congés ou d’en limiter le nombre. L’enfer est pavé de bonnes intentions et cette disposition légale y aura largement mérité sa place ! Respectant le délai d’une semaine imposé par la direction de Ringier, la commission du personnel, soutenue par les éminences grises de Cash, a présenté son plan de sauvetage. La direction générale n’a eu besoin pour sa part, que d’un week-end pour analyser ces propositions et les rejeter. Il n’est pas inutile de rappeler que la peau de l’ours avait été, si ce n’est formellement vendue, du moins clairement promise au groupe Springer (Handelszeitung, Jean Frey). En effet, comment sauver un hebdomadaire qui n’a plus d’abonnés ? Ne restait donc qu’à achever la bête et signer l’acte de vente.
Solidarité exemplaire
A la rédaction, les sentiments naviguaient entre tristesse et dépit. En septembre prochain, l’hebdomadaire aurait dû fêter ses 18 ans d’existence. L’an dernier, le tirage avait substantiellement augmenté, le personnel, réduit au strict minimum, avait consenti à tous les sacrifices pour assurer la qualité du journal, quitte à renoncer aux vacances et à cumuler les heures supplémentaires. C’est sans doute cette identification si forte avec le métier qui a rendu cette rédaction si solidaire. Leur première pensée à été pour les collègues travaillant comme journalistes libres, allaient-ils bénéficier d’un plan social ? Et les collègues plus âgés, les collaborateurs de la production, le collègue atteint dans sa santé ?
Ringier fidèle à sa bonne réputation
Ne faisant pas défaut à sa réputation d’entreprise respectueuse de son personnel, Ringier est entrée en matière sur la négociation d’un plan social. Le personnel de feu l’hebdomadaire Cash qui ne sera pas replacé auprès d’un autre titre de Ringier pourra donc bénéficier d’un plan social de bonne qualité. Cela vaut également pour les journalistes libres « réguliers », selon la définition du GAV (CCT) 2000. Les représentants de la commission du personnel, comme ceux des associations professionnelles, ont bénéficié d’un soutien sans failles de la part de la rédaction. C’est à l’unanimité que le personnel nous a attribué le mandat de mener les négociations en vue d’un plan social et c’est encore à l’unanimité que ce plan social a été adopté.
Perspectives et remerciements
Jusqu’à l’annonce, la semaine dernière, de la fermeture d’un autre hebdomadaire alémanique, FACTS, la situation sur le marché du travail pouvait être qualifiée de favorable, depuis lors, la donne a changé, la concurrence pour les places vacantes sera sévère entre journalistes. Mais nous sommes persuadés que la solidarité et l’esprit de corps de cette rédaction si particulière sauront soutenir les collègues en recherche d’emploi. Nous tenons ici à remercier tous ceux qui ont, par leurs interventions, par leur présence, par leur engagement, contribué à rendre cette mort annoncée moins douloureuse.
Wanda Suter




