Il était l'emblème de l'association
« Il était en quelque sorte l’emblème de l’association » écrivait Enrico Morresi, le président en fonction au moment où Hans Seelhofer se retira après avoir occupé durant 27 ans le poste de directeur de la Fédération suisse des journalistes (FSJ), dénommée aujourd’hui impressum. L’avocat bernois s’était investi en faveur des intérêts des professionnels des médias en faisant preuve d’un grand engagement.
De son bureau d’avocat situé dans une élégante ruelle de la vieille ville de Berne, Hans W. Seelhofer assura la direction de la FSJ. Il assuma cette tâche à titre secondaire mais dut y consacrer une part de plus en plus importante de son temps de travail. « Pour nous, il était l’aristocrate des avocats bernois », se rappelle l’ancien président Martin Edlin. Conformément à cette image, Hans Seelhofer fit l’acquisition du château de Worb qui devint son domicile. La restauration de ce patrimoine historique laissé à l’abandon lui valut de grandes distinctions.
Hans Seelhofer est décrit comme une personnalité imposante, consciente de sa valeur et dégageant une grande autorité. Il était un habile diplomate. Il s’est toujours engagé sur un mode très émotionnel en faveur des intérêts de la fédération, déclare Charles Haenni qui travaillait à l'étude de Me Seelhofer et qui est devenu son successeur en tant que secrétaire de l’association.
L’ex-président, Eric Walter parle d’une très bonne collaboration avec Hans Seelhofer lorsqu’il a été question de transformer la fédération un peu désuète en une structure de travail moderne dotée de son propre secrétariat qui se trouvait encore à Lausanne. L’avocat bernois intelligent, compétent et dynamique exerça alors la fonction de secrétaire général. « A l’époque, la FSJ était comme une grande famille », déclare Enrico Morresi. « Et Hans Seelhofer était son père ».
Comment cet avocat né en 1919, fils d’un président de tribunal, en est-il arrivé à s’engager en faveur des professionnels des médias ? Peu après avoir réussi l’examen d’Etat en 1944, Hans Seelhofer dont les études avaient été interrompues par de longues périodes de service en tant qu’officier, entra dans le Département militaire fédéral. Il mit sur pied le service de presse et d’information. En 1948, il partit en Amérique en qualité de journaliste. A son retour, il entra dans le cabinet d’avocat de son père. En 1955, il fut élu directeur de la FSJ.
Indépendamment de son travail d’avocat, la liberté et les problèmes des professionnels des médias étaient sa préoccupation primordiale. En Suisse et à l’étranger, en tant que membre de nombreuses organisations, délégations et commissions, il représenta avec enthousiasme et compétence la liberté et les intérêts des professionnels des médias.
Mais à titre personnel, sa famille représentait tout pour lui : son épouse Eva avec qui il était marié depuis 1956, sa fille Barbara et son fils Benedikt. Plus tard vinrent s’y ajouter un gendre, une belle-fille et des petits-enfants.
Pour Hans Seelhofer, les livres et l’art étaient source de joie et de détente – en organisant au château des expositions, des concerts et des représentations théâtrales, il cherchait à sensibiliser ses concitoyens au monde artistique. La conservation, l’embellissement et l’animation de son lieu de vie et de la commune – pour laquelle il s’investit en tant que conseiller communal – lui tenaient profondément à coeur, lui qui s’intéressait tant à l’histoire.
Le 22 septembre, Hans Seelhofer est décédé à l’âge de 89 ans. Nous évoquons avec gratitude la mémoire d’un être qui, durant près de trois décennies, a mis toute son énergie au service des professionnels des médias.
Stefan Rohrbach




