Partout en Suisse romande, les négociations salariales annuelles prévues par la convention collective de travail (CCT) s’annoncent difficiles, les éditeurs prenant parfois prétexte de la crise pour refuser une légitime indexation. Heureusement, dans cet environnement plutôt morose, quelques lueurs d’espoir éclairent le ciel des collaborateurs du secteur.
La première bonne nouvelle concerne évidemment les journalistes libres romands, une catégorie de travailleurs particulièrement vulnérable face à la crise économique. Grâce à l’indexation automatique prévue par la CCT signée entre PRESSE SUISSE et impressum, la rémunération sera portée dès le 1er janvier 2009 à 103.80 francs de l’heure, 286.40 la demi-journée et 511.60 la journée. Ces chiffres comprennent l’indemnité vacances de 10,64%. Conformément à la lettre de la CCT, impressum estime que l’indexation doit également concerner l’indemnité kilométrique pour les journalistes libres, puisque l’article 29, al. 4 CCT prévoit que le barème des minima est indexé le 1er janvier de chaque année en fonction de l’évolution de l’indice suisse des prix à la consommation (ISPC) et que cette disposition n’exclut nullement l’indemnité kilométrique, qui fait partie intégrale du barème des minima.
Comme l’indemnité kilométrique n’a pas été indexée l’année dernière, c’est donc l’évolution de l’ISPC depuis octobre 2006 qui devrait être prise en compte pour le calcul : l’indemnité kilométrique pour les libres passerait ainsi à 67.5 centimes. Ce point de vue est toutefois contesté par Daniel Hammer, secrétaire général de PRESSE SUISSE, qui estime que les indemnités kilométriques ne constituent pas un salaire et, partant, n’ont pas à être indexées. Pour sa part, impressum n’entend pas polémiquer sur l’interprétation d’un point relativement mineur de la CCT. Même si nous maintenons notre lecture du texte, il est préférable d’ouvrir dès l’an prochain de franches négociations sur l’ensemble de la question des indemnités kilométriques des journalistes salariés comme des collaborateurs extérieurs, adaptées pour la dernière fois le 1er janvier 2001 et dont le montant ne représente plus du tout un défraiement équitable.
Dans un autre secteur, il faut relever l’accord intervenu sans aucune confrontation avec les responsables de l’Union romande des radios régionales (RRR) quant à l’indexation automatique des rémunérations des journalistes et des animateurs prévue par la nouvelle CCT signée avec impressum. Celle-ci ayant été négociée dans le courant de l’année 2008 pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2009, il n’était évidemment pas question de revendiquer une indexation sur l’ensemble de l’inflation enregistrée en 2008. En revanche, la prise en compte de l’inflation depuis l’été aurait conduit à une adaptation ridicule des salaires. La RRR et impressum sont donc tombés d’accord pour une indexation générale de 1,5% au 1er janvier 2009, les minima salariaux des journalistes RP s’échelonnant ainsi de 5583 à 7917 francs par mois. Pour sa part, la rémunération minimale des animateurs évolue de 4771 à 6567 francs par mois, mais les radios privées ont trois ans pour adapter leurs conditions salariales pour cette catégorie professionnelle.
Clément Dubois




