A la porte du Tages-Anzeiger et du Bund  
Des plans sociaux convenables obtenus en collaboration entre les associations et les sociétés de rédacteurs

Il fut un temps où tamedia était une maison d’édition qui faisait de bons journaux. Aujourd’hui c’est une entreprise qui veut faire de bons résultats économiques. Beaucoup de ceux qui ont travaillé pour les bons journaux ont perdu leur job. 88 collaborateurs ont été remerciés au Tagi et 19 au Bund. Ils bénéficient de plans sociaux qui adoucissent les conséquences des licenciements. Ceux-ci ont cependant dû être âprement négociés en étroite collaboration entre les rédactions et les associations impressum et comedia.

Tamedia a annoncé en mai déjà, lorsque la réduction de personnel des deux titres a été rendue publique, des plans sociaux négociés et corrects. On s’attendait dès lors à ce qu’ils soient rapidement présentés, tamedia était considéré comme un employeur social jusqu’alors. Et tamedia a de l’argent. Ainsi en 2008 le bénéfice s’est monté à 120 millions. On pouvait espérer que ceux qui ont contribué pendant des années à ce résultat soient indemnisés de façon équitable.

Faux espoirs

Peu après les licenciements, tamedia a fait des propositions qui ne correspondaient même pas à ce qu’offrent d’autres éditeurs à la situation financière difficile. Cela a été vécu comme une humiliation par les journalistes et collaborateurs libres réguliers au service de leur journal depuis de nombreuses années.

Cela dit tamedia a tenu sa promesse d’entrer en négociations, ce qui ne va plus de soi dans d’autres entreprises. Mais les fronts et les positions étaient bien marqués de chaque côté, dans les délégations de l’employeur comme chez celles des employés (sociétés de rédactions secondées par impressum et comedia). Chaque franc a été compté et le budget pour chaque plan social jugé sacro-saint. On ne mentionnera pas ici les détails des négociations, les délégations ayant convenu de garder le silence à leur sujet. Comme cela a déjà été dit, les propositions de tamedia s’agissant des pré-retraités n’étaient pas acceptables et auraient plongé certains collaborateurs dans le besoin.

Le succès grâce aux rédactions et aux associations


Afin d’amener l’employeur à faire des concessions, une pression interne et externe était nécessaire. A ce titre, l’étroite collaboration entre rédactions et fédérations a été très profitable. Les sociétés de rédacteurs ont informé et œuvré à la création d’une solidarité interne. Diverses manifestations et protestations ont eu lieu, notamment deux manifestions ont eu lieu dans la rue pour le Tages-Anzeiger et une devant le Bund. Viennent s’ajouter à cela des lettres ouvertes, la signature électronique d’une pétition « Rettet den Tagi », des assemblées de rédactions. De plus, l’ensemble des rédacteurs du Tages-Anzeiger se sont réunis devant la salle où se déroulaient les associations et les présidents des sociétés de rédacteurs ne se sont pas gênés d’apparaître en public. Les associations ont soutenu les rédactions grâce à leur expérience, leur logistique et leur know-how et ont informé les médias sur les licenciements, leurs raisons et la pingrerie de l’éditeur. La maison d’édition tamedia, tentant de faire perdurer sa réputation d’employeur social, a été mis sous une pression énorme.

Durant les négociations le jeu entre les connaissances internes des rédactions et le know-how des associations a bien fonctionné et a permis d’invoquer les arguments pertinents de manière ciblée et de répondre spontanément de façon correcte aux interpellations de l’éditeur.

Le résultat est convenable. Au Tages-Anzeiger le chiffre absolu des licenciements et les conditions-cadre ont permis une plus grande solidarité externe qu’au Bund, pour qui le public était déjà soulagé que le titre survive. C’est pourquoi les plans sociaux sont différents. Mais, dans les deux cas, le sacro-saint budget préparé pour les plans sociaux a pu être dépassé de manière substantielle. Tant pour les pré-retraités que pour les jeunes, les prestations obtenues sont acceptables et méritent d’êtres qualifiées de « sociales ».

Urs Thalmann
 
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