Le deal des agences de presse coûte d’abord des places de travail et mine leur réputation et la diversité d’opinion  
Alors que l’ATS annonçait en automne 2009 qu’elle devait épargner à cause de la chute des recettes deux millions, elle négocie en arrière-fonds avec la ddp une coopération qui coute des millions et qui entraîne de graves conséquences : 22 collaborateurs de la ddp (avant AP) et 5 employés de l’ATS perdent leur emploi et la diversité d’opinion en Suisse est une fois de plus mise en danger.

L’ATS, victime de la crise
La profonde crise des médias a aussi des conséquences sur l’Agence télégraphique suisse (ATS). Avec la cessation de « .ch » et du « Matin Bleu » ainsi que le recul des éditions des titres abonnés et des journaux gratuits l’ATS compte pour 2010 avec un recul de son chiffre d’affaires de plusieurs millions. Bien qu’elle dispose de réserves d’au delà 24 millions et qu’elle pourrait donc utiliser quelques-uns de ces millions pour lutter contre la crise, la Direction et le Conseil d’administration décident d’un programme d’économies de deux millions Frs. La destruction de 13 emplois temps plein ne peut être contre-carrée qu’avec l’opposition du personnel et le soutien des associations avec des mesures d’accompagnement. Malgré des retenues de salaires, des réductions du temps de travail et des adaptations structurelles cinq collaborateurs sont licenciés. Outre le soutien collectif, impressum a aussi accompagné et conseillé des personnes à titre individuel, y compris dans les entretiens de licenciement.

ddd et ATS coopèrent et licencient des collaborateurs
Une exigence de la représentation du personnel de l’ATS, que la Direction recherche de nouveaux champs d’activités, a été prise très au sérieux : elle négocie en secret avec la société allemande de la ddp, Martin Vorderwülbecke et Peter Löw, la redistribution des cartes dans marché suisse des agences. Vorderwülbecke et Löw acquérirent en décembre dernier par l’achat de l’AP Allemagne aussi le service suisse allemand d’AP. Les anciens collaborateurs d’AP ont pu penser en ce temps que le travail allait continuer avec le nouvel acquéreur de ddp comme jusqu’ici et que finalement l’AP serait une agence de nouvelles de bonne réputation et profitable.

Fin janvier la représentation du personnel de ddp apprend que son service va s’arrêter et que 22 collaborateurs vont être licenciés. L’ATS et ddp informent le public de leur « coopération » future. L’ATS reprend les services textes allemands de ddp ainsi que le service étranger de ddp pour diffusion en Suisse. En contre-partie la ddp reçoit la licence de distribuer sur ses marchés les services de l’ATS. Alors que l’ATS licencie 5 collaborateurs, elle augmente en même temps son capital propre de plusieurs millions, afin de pouvoir acheter les nouvelles de ddp.

ddp – un employeur anti-social
Les collaborateurs licenciés de la ddp sont chosqués, profondément touchés et se sentent laissés pour compte, il faut noter que les propriétaires de ddp s’étaient dit quelques jours avant de manière décidée engagés pour le service suisse. Mais le plus grave allait venir. Alors qu’impressum et Comedia informent les licenciés de leurs droits et les assurent d’un soutien lors des négociations d’un plan social, les employeurs d’Allemagne ne veulent rien entendre. Un plan social n’est pas à l’ordre du jour

D’abord, comme le constatent les associations, il s’agit d’un licenciement collectif et l’employeur n’a pas respecté les dispositions applicables du Code des Obligations, un avaocat est mandaté en Suisse pour régler l’affaire à l’amiable. Les nouveaux propriétaires devaient compter lors de la reprise de l’entreprise sur les collaborateurs. Ils comptent 17 employés, en réalité ils sont plus de 20, ce qui mène à un licenciement collectif. A côté des licenciements abusifs, il y a une violation des contrats : ddp Suisse a violé la Déclaration des droits et devoirs des journalistes qui fait partie intégrante des contrats. L’obligation d’information préalable et de consultation de la rédaction n’a pas été respectée.

Des négociations « fair » d’un plan social, le titulaire juridique de l’employeur ne veut toujours pas en entendre parler. Des critères sociaux comme les mauvaises perspectives des personnes licenciées sur le marché sont des arguments qui sont rejetés froidement. La responsabilité sociale de l’employeur n’existe pas pas ici. C’est seulement grâce aux obligations légales et contractuelles et après de lourdes négociations qui dont duré deux semaines qu’une rémunération de 4,5 mois a pu être atteinte.

ATS profite de la situation
Le Service d’agence en Suisse n’est maintenant garanti que par l’ATS. Avec la fermeture de l’ancien service suisse de l’AP, l’ATS profite de la situation et pourrait bénéficier dans le futur d’une position dominante sur le marché. La ComCo examine le Deal seulement sous l’angle macro-économique. La « création d’un monopole » alerte jusqu’aux parlementaires qui y voient un danger pour la diversité des opinions.

Et l’AP Suisse romande ?
A ce jour, le sort des collaborateurs d’AP Suisse romande n’est pas encore connu ; il va vraisemblablement suivre celui des collègues suisses-allemands. impressum suit de près la situation et s’apprête à négocier pour eux.

Salva Leutenegger
 
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