(à voir aussi l'interview de Roland Jeanneret avec Daniel Suter au journal21.ch)
Chères et chers Collègues!
Mon élection en tant que Président d’impressum est un honneur pour moi et je me réjouis de travailler pour notre association professionnelle. Les médias et leurs créateurs traversent des temps incertains. L’édition de beaucoup de journaux baisse ou stagne, les recettes publicitaires diminuent dangereusement, les activités on-line sont encore seulement une affaire virtuelle et les maisons d’édition épargnent avant tout sur le personnel. Mais les femmes et les hommes, dans les médias, autrement que dans l’industrie, ne peuvent pas être simplement remplacés par des machines. Cependant si les journalistes qui baissent en nombre doivent produire toujours plus à la chaîne, ils en souffrent et le résultat de leur travail aussi. Comme maillons de la chaîne, à l’ère du nouveau Guttenberg copié-collé, ils publient souvent seulement de l’ « Info Popcorn ». Mais l’ « info Popcorn » ne nourrit pas – ni les journalistes, ni les lectrices et lecteurs. Celui qui doit être autant stressé, trop mal payé et peu respecté par ses chefs, abuse de ses forces sans gagner en compétences. Que feront ces jeunes dans dix ans ? Quelles perspectives ont-ils dans leur profession ? Qu’est-ce que cela signifie pour le journalisme et la qualité de ses informations ?
Celui qui s’épuise à courir de sujet en sujet n’a pas le temps pour faire des recherches. « A bout de souffle il ne reste plus de force pour la recherche ». Plus les médias vont vite, plus les cercles de la politique, de l’économie et de la société qui ne veulent pas que l’on regarde dans leurs cartes sont contents. Les médias préfèrent se nourrir des bouchées données par les PR. Et moins les créateurs de médias ont de temps et de compétences professionnelles, plus ils sont reconnaissants d’avaler l’hameçon. Ils ne le sentent même plus. Les éditeurs sont conscients de ce développement qu’ils ont eux-mêmes co-créé. C’est pourquoi ils réagissent vivement à l’étude récente du sociologue Kurt Imhof.
Que pouvons-nous faire à impressum face à cette situation ? Il n’y a pas de remède-miracle contre la crise. « Et le Président n’est pas Panoramix avec sa potion magique pour les gaulois et gauloises du secrétariat central ». Mais nous pouvons attraper les éditeurs dans leur fierté blessée et leur demander : Que faites-vous pour l’avenir du journalisme ? Et que faites-vous pour l’avenir de vos journalistes ? Et nous pouvons réveiller chez nos collègues la fierté et leur dire : c’est votre travail qui compte. Si vous voulez être mieux traités, apprenez de vos éditeurs : ils sont en réseau et bien organisés, alors organisez-vous aussi. impressum est là pour défendre vos intérêts ! Si nous arrivons à faire passer ce message aux journalistes, le dialogue avec les éditeurs sera plus fort et pourrait se terminer dans des négociations sur une CCT en Suisse alémanique et au Tessin. En tant que Président d’impressum, j’y contribuerai volontiers.
Daniel Suter




