Plus de 500 journalistes dans la rue en colère contre TX Group

Les journalistes sont dans la rue. A 11h30, quelque 300 professionnel·le·s des médias protestent devant le portique de TX Group à Zurich, plus de 200 se mobilisent à Lausanne devant la Tour Edipresse. Pour réveiller cette colère des deux côtés du Röstigraben, TX Group a frappé fort en supprimant, en un mois à peine, 80 postes dans ses titres de presse, dont 56 en Suisse romande, touchant les médias payant en septembre, et, depuis l’annonce du 25 octobre dernier, également les titres gratuits, dont 20 Minutes.

La mobilisation est sans précédent pour faire face à des coupes sanglantes sans précédent dans les rédactions de TX Group. 500 journalistes et professionnel·le·s des médias des titres de presse de TX Group ont débrayé à 11h30, 300 sous le portique du siège à Zurich et 200 devant la tour Edipresse à Lausanne. Le 21 septembre, 48 postes passent à la trappe dans les médias payants de Tamedia, entreprise de TX Group. Ce mercredi 25 octobre, le même groupe annonce perpétrer 35 licenciements parmi ses titres gratuits du groupe 20 Minutes. Avec 28 postes biffés en Suisse romande, c’est près d’un quart de la rédaction qui disparaît sur les bords du Léman.  

Président de la Société des collaborateurs de 24h, Erwan le Bec dresse le portrait de ce qu’était Edipresse avant que TX-Group s’en mêle et ainsi mettre en avant ce que la presse a perdu depuis, passant d’un fleuron à quelques 1200 collaborateurs en 2009 à seulement 400 aujourd’hui : « Les journalistes ne sont pas plus dommages que les autres. Nous savons faire des efforts pour sauver nos titres. Mais la page qui se tourne aujourd’hui nous précipite vers un véritable grounding de la presse romande qu’il faut à tout prix empêcher. C’est notre responsabilité à tous. » 

Edgar Bloch, président d’impressum, tonne contre le comportement irrespectueux de « Supino », comme il l’appelle sans révérence dans sa prise de parole où il condamne le président du comité d’administration de Tamedia. Celui qui se veut proche du journalisme et défenseur « d’un paradis du journalisme en Suisse », fait vivre un enfer au journalisme, selon Edgar Bloch, de manière à « … tuer des emplois et de la diversité journalistique tout particulièrement chez les Welches. » 

La Commission du personnel des rédactions Zurichoise appelle également Pietro Supino et les responsables chez TX Group, dans une lettre ouverte, à renoncer à « toute autres mesures d’économie jusqu’en 2025 », mais aussi à faire comprendre aux actionnaires du groupe pourquoi les dividendes (de plus de 47 millions en 2022) seront revus à la baisse les prochaines années et à instaurer un « dialogue sincère entre la direction et les rédactions. » Cette Commission souligne également l’importante charge de travail et la pression mises sur les rédactions – qui s’accentue encore suite aux nouvelles coupes - pour offrir un contenu fiable et de qualité. Une pression constante et une précarité de l’emploi qui mènent « à un stress qui atteint le personnel aussi dans sa santé ». 

Présidente de la section vaudoise d’impressum, Caroline Gebhard prend la parole avec consternation et colère : « Il y a un mois, nous étions déjà toutes et tous réunis ici, au pied de la tour Edipresse. On parlait déjà d’hémorragie, de saignée, de coup d’assommoir. Aujourd’hui, les mots nous manquent, nous qui avons pourtant décidé d’en faire notre métier. » Un métier mis en péril par des mesures inconsidérées, biffant 80 postes en un mois dans le plus grand groupe de médias en Suisse, pour satisfaire les caprices d’une direction uniquement tournée vers ses bénéfices. Une direction qui agit sans considération aucune pour le rôle de 4e pouvoir que doit pouvoir assumer la presse. « En supprimant des plumes et des compétences, on assèche la diversité de notre paysage médiatique, on assèche nos canaux d’information, on assèche notre capacité à réfléchir. 

impressum rappelle que l’association professionnelle des journalistes met tout en œuvre pour lutter contre les mesures annoncées par TX Group et appelle à la solidarité pour faire face à cette attaque qui affaiblit encore la branche du journalisme en Suisse.

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