Certains journalistes travaillent dans ce journal depuis une trentaine d'années et des moments comme celui-ci sont difficiles à vivre. L'ATG se tient à leurs côtés pour trouver des solutions qui pourraient modifier la décision de la maison d'édition Salvioni et est prête à les soutenir dans leur recherche d'un nouvel emploi. L'ATG est consciente que la réduction des recettes publicitaires est lourde, mais regrette que le calendrier de communication de l'éditeur soit si serré: deux jours pour analyser la situation avec les personnes concernées et pour comprendre s'il peut y avoir des solutions alternatives et moins lourdes, c'est trop peu. Cela met les personnes licenciées dans une grande difficulté.
Aide à la presse
Face à ces coupes, il convient de souligner la passivité des politiques. Il y a cinq ans, l'ATG avait soutenu la présentation au Grand Conseil d'une initiative parlementaire - préparée par Lorenzo Jelmini et signée par tous les partis, à l'exception de l'UDC - qui demandait d'aborder la question de l'aide publique (indirecte) aux médias tessinois. Or, ce document parlementaire est depuis lors bloqué au Grand Conseil, oublié dans un tiroir. Au niveau fédéral également, le monde politique est (presque) totalement inactif face à la crise des médias. Un nouveau paquet d'aide aux médias est toujours en discussion à Berne, mais il s'agit d'un soutien de base, le secteur aurait besoin de bien plus que de simples sparadraps. Une passivité qui risque d'avoir de graves conséquences sur le débat démocratique dans notre pays, dont les médias sont un vecteur important et irremplaçable.
Effondrement des recettes publicitaires
Chaque année, le marché publicitaire suisse sur les médias en ligne est englouti par les grandes plateformes américaines - Google & Co. La publicité suisse - des études indiquent un volume supérieur à 2 milliards de francs par an - alimente les grandes entreprises technologiques américaines. Et ce, sans que le monde politique n'ait jusqu'à présent pris des mesures pour freiner ce flux financier hors des frontières nationales. Sur ce point, la responsabilité de la politique est grande. Comment est-il possible qu'un marché suisse ne soit pas défendu par la politique suisse ? Les graves difficultés des médias aujourd'hui sont également, et surtout, dues à cette passivité de nos autorités.