Alors que la Suisse a frôlé la catastrophe en rejetant massivement l’initiative à 200 francs contre la service public, l’environnement des médias demeure sous pression. La politique de soutien aux médias reste prudente malgré quelques signes encourageants, le système législatif manque encore de protections et la fragilité économique des entreprises de médias reste très préoccupante. Toutes ces raisons maintiennent la Suisse au rang des pays où la situation est considérée comme « plutôt bonne ». Pour Etienne Coquoz, codirecteur d’impressum : « La Suisse doit enfin prendre conscience de l’importance de son système médiatique qui participe au bien-être de sa population et au fonctionnement de sa démocratie directe ».
Comme les années précédentes, l’année 2025 a été marquée par des licenciements significatifs au sein des entreprises de médias, dans toutes régions linguistiques de la Suisse. C’est la diversité des médias qui continue à être fragilisée et mise à mal. Pour impressum, il est temps de réagir sans délai, sans quoi certaines régions de Suisse pourraient bientôt faire face à un véritable désert médiatique. Qui produira l’information si plus aucun journaliste n’est là pour le faire ? Le Conseil fédéral semble enfin se poser la question sérieusement et se penche depuis peu concrètement sur les questions brulantes de la règlementation de l’utilisation de l’IA et des droits voisins des journalistes exploités par les plateformes en ligne. C’est un chantier énorme qui voit le jour. Pour impressum, la Suisse doit se profiler en précurseur dans la protection du journalisme, activité essentielle à nos sociétés qui doit être aujourd’hui considérée comme un bien commun en danger.
Le système législatif reste un indicateur extrêmement bas pour notre pays dans le classement de Reporter sans Frontière (pointé au 18ème rang selon cet indicateur uniquement). Rien n’a été entrepris concernant loi sur les banques pour limiter l’application de son article 47 aux journalistes. Récemment, la Cour suprême de Zurich a même décidé la poursuite en justice du journaliste Thomas Hässig qui a révélé en 2016 dans la presse l’affaire sur Pierin Vincenz alors en poste à la tête de la banque Reiffeisen.
En parallèle, les mesures provisionnelles à l’encontre des médias qui ne semblent pas décroître. En Suisse, c’est tout un environnement législatif et judiciaire qui demeure hostile aux journalistes. Au niveau politique, on peut tout de même se réjouir de la validation par le Parlement d’un soutien plus grand aux médias locaux et diverses institutions médiatiques. Mais il ne faut pas se tromper, c’est bien un déplacement de quote-part de la redevance dont il est ici question et non pas une aide supplémentaire débloquée. Encore une fois, on peut regretter ce manque de courage de nos élus dans la politique de soutien aux médias.
impressum continue de défendre la liberté de la presse en Suisse et reste déterminée à œuvrer en faveur des journalistes et des professionnels des médias confrontés à des défis économiques et structurels. Elle continuera à plaider pour des conditions de travail justes et équitables.